Le terme « panneau solaire » a le chic pour brouiller les pistes : tantôt il désigne un générateur d’électricité, tantôt un système de chauffage. Même les professionnels s’y perdent parfois, et les textes officiels n’arrangent rien en mélangeant allègrement les deux notions. Pourtant, impossible de confondre les usages et les performances de chaque technologie lorsqu’on s’attarde sur leur fonctionnement. D’ailleurs, sous un même toit, il n’est pas rare de voir les deux cohabiter, avec des résultats très différents.
La réglementation européenne distingue soigneusement les appareils selon le type d’énergie produite. Les dispositifs d’aides publiques suivent cette logique : les subventions varient selon que l’on opte pour la chaleur ou l’électricité. L’équation financière et environnementale se modifie alors sensiblement d’une solution à l’autre.
Comprendre les deux technologies : panneaux solaires thermiques et panneaux photovoltaïques
Impossible de s’y retrouver sans saisir la mécanique de chaque système. Voici ce qui distingue concrètement les deux grands types de panneaux :
- Panneau solaire thermique : il capte la lumière du soleil pour produire de la chaleur. Cette énergie chauffe un fluide caloporteur qui circule sous une vitre, puis transmet la chaleur à l’eau du ballon de stockage. On privilégie ce schéma dans les maisons individuelles ou les immeubles avec une forte demande d’eau chaude.
- Panneau photovoltaïque : ici, l’enjeu n’est plus la chaleur mais l’électricité. Grâce à des cellules en silicium, la lumière du soleil se transforme en courant continu, puis en courant alternatif pour alimenter tous les appareils électriques du bâtiment. Ce dispositif s’installe aussi bien sur le toit, en façade ou même au sol.
La confusion vient surtout de l’usage large du mot « solaire ». Pourtant, le solaire thermique et le photovoltaïque ne jouent pas dans la même catégorie : l’un capte la chaleur, l’autre la lumière. Faire le bon choix implique donc d’analyser précisément ses besoins énergétiques, l’ensoleillement du site et la configuration du bâtiment.
Quelles différences concrètes entre production de chaleur et production d’électricité ?
Lorsqu’on parle de panneaux solaires, tout l’enjeu tient dans la technologie utilisée. Avec le thermique, le rayonnement du soleil chauffe directement un fluide qui servira ensuite à produire de l’eau chaude sanitaire ou à alimenter un circuit de chauffage. Pas de conversion compliquée : la chaleur va droit au but.
À l’opposé, le photovoltaïque s’appuie sur un phénomène physique : l’effet photovoltaïque. Les photons de la lumière frappent les cellules en silicium, déclenchant un déplacement d’électrons qui génère un courant continu, converti ensuite par un onduleur en courant alternatif. L’électricité produite peut alimenter les équipements du bâtiment ou être réinjectée dans le réseau.
- Thermique : génère de la chaleur, transmise par le fluide caloporteur à l’eau ou au chauffage.
- Photovoltaïque : produit de l’électricité à partir de la lumière, exploitable pour la consommation domestique ou la revente.
Autre point de divergence : le stockage. L’énergie thermique s’accumule sous forme d’eau chaude, tandis que l’électricité générée par les panneaux photovoltaïques nécessite des batteries ou une utilisation immédiate. Deux visions distinctes de la valorisation de l’énergie solaire, adaptées à des usages bien différents.
Avantages, limites et critères pour bien choisir selon vos besoins
Les panneaux solaires thermiques brillent par leur rendement : ils convertissent jusqu’à 70 % du rayonnement solaire en chaleur directement utilisable pour l’eau chaude ou le chauffage. Leur simplicité technique, peu d’électronique, entretien limité, séduit ceux qui cherchent une solution robuste et fiable, notamment dans les régions bien ensoleillées ou pour des besoins en eau chaude constants.
Les panneaux photovoltaïques, quant à eux, invitent à une autre expérience : l’autoconsommation d’électricité et la possibilité d’ajuster l’usage selon ses besoins. La production peut être consommée sur place, stockée en batterie ou revendue sur le réseau. Leur rendement tourne autour de 18 à 22 %, mais leur durée de vie dépasse souvent vingt ans et ils s’adaptent à toutes sortes d’installations.
- Thermique : excellent rendement, idéal pour l’eau chaude, mais dépendance à l’ensoleillement et à la demande domestique.
- Photovoltaïque : usage flexible, autoconsommation, revente possible, compatible avec de nombreux profils de consommation.
Pour s’y retrouver, il faut passer au crible quelques critères : combien d’eau chaude consomme-t-on chaque jour ? Quelle puissance électrique vise-t-on ? Le toit est-il bien orienté, dispose-t-on de la surface nécessaire ? Certains projets optent pour une solution hybride, cumulant les deux technologies pour profiter au maximum du potentiel solaire. Une stratégie taillée pour ceux qui veulent tirer le meilleur parti du soleil, sans arbitrer entre chaleur et électricité.
Face à la diversité des offres, il ne s’agit pas seulement de comparer des panneaux, mais bien de choisir la trajectoire énergétique qui correspond à vos besoins. Le soleil, lui, ne tranche pas : il offre, à chacun de décider comment capter sa générosité.


